20 mètres de haut. 1 300 pièces de carton. Des centaines de bras. Et une chute spectaculaire, dans un vacarme populaire et festif.
Pendant une semaine, une réplique en carton de la Tour de Beurre a progressivement pris forme au pied de la cathédrale Saint-Étienne. Imaginée par l’artiste Olivier Grossetête et son équipe, elle a été construite pièce par pièce avec les équipes du Centre des monuments nationaux, les bénévoles Bourges 2028 et les forces vives du territoire.
La construction de la Tour de Beurre
Du 14 au 18 septembre, les participants ont pris part aux ateliers de pré-construction, avant de se retrouver samedi 19 septembre place Étienne-Dolet pour le montage de la tour. Plusieurs milliers de pièces de carton ont été assemblées à la main pour donner naissance à cette réplique monumentale.
Habitants, scolaires, associations, visiteurs et curieux ont ainsi pu contribuer à chaque étape du projet, sans qu’aucune compétence technique ne soit nécessaire. Une manière de découvrir autrement le patrimoine qui les entoure, en devenant, le temps de quelques jours, les bâtisseurs d’une œuvre imaginée par Olivier Grossetête.
La mise en hauteur de la tour
Une fois assemblée, la réplique a été élevée au cœur de Bourges, grâce à la mobilisation des participants. Haute de 20 mètres et composée de 1 300 pièces de carton, elle est alors venue faire écho à la véritable Tour de Beurre, qui domine le côté nord de la cathédrale Saint-Étienne.
Pendant quelques heures, cette construction éphémère a ainsi trouvé sa place dans le paysage de la ville, donnant à voir un dialogue entre patrimoine architectural et création contemporaine.
Le soir, une danse participative imaginée par la chorégraphe Marie Phliponeau est venue prolonger ce moment festif autour de la tour.
L’effondrement en public
Dimanche 20 septembre, le public s’est retrouvé place Étienne-Dolet pour assister à la déconstruction de la structure. Les cordes ont été tirées, la tour volontairement renversée et, en quelques secondes, les 20 mètres de carton se sont effondrés dans un grand fracas.
Loin d’être une simple destruction, cet effondrement constitue l’aboutissement de la démarche artistique d’Olivier Grossetête. Après la chute, les morceaux de carton ont été récupérés et recyclés, achevant ainsi le cycle de cette œuvre éphémère.
L’histoire d’une tour reconstruite
Cette nouvelle Tour de Beurre faisait directement écho à l’histoire de la cathédrale Saint-Étienne. Le 31 décembre 1506, la tour Nord s’est brutalement effondrée, bouleversant le paysage de Bourges. Deux ans plus tard, en 1508, un vaste chantier de reconstruction a débuté et s’est achevé en 1542. La nouvelle tour, construite dans le style de la Renaissance, est celle que l’on peut encore admirer aujourd’hui.
520 ans après cet effondrement historique, le projet « De la pierre au carton : 520 ans d’histoire vivante » a ainsi permis de faire revivre cet épisode autrement. La construction puis la disparition programmée de la réplique en carton font directement écho à l’histoire de la tour, tout en mettant en lumière la fragilité et le caractère évolutif du patrimoine.
Une résonance particulière avec le thème des Journées européennes du patrimoine 2026 : « Patrimoine en péril ».
Une réalisation collective
Des premiers ateliers à l’effondrement final, le projet aura réuni habitants, scolaires, associations, visiteurs, bénévoles de Bourges 2028, équipes du Centre des monuments nationaux et acteurs du territoire.
Pendant une semaine, chacun a pu prendre part à la construction de cette œuvre monumentale, avant d’assister à sa déconstruction. Une expérience où ce qui demeure n’est pas la structure elle-même, mais les souvenirs, les rencontres et le moment partagé autour de cette histoire vieille de 520 ans.
Un projet mené à l’occasion des Journées européennes du patrimoine par le Centre des monuments nationaux, en partenariat avec la Ville de Bourges, la DRAC Centre-Val de Loire, Bourges 2028, la Région Centre-Val de Loire et la Direction Musées et Patrimoine historique de la Ville de Bourges.