Châteauroux.
1914-1918, La Grande Guerre ? Châteauroux et Gütersloh à l'épreuve de la Première Guerre mondiale.
En 2014 – 11Fi855
Exposition itinérante bilingue franco/allemande constituée de 23 panneaux, présentée au musée de Gütersloh et au musée de Châteauroux en préambule à une exposition sur l’Indre durant la Grande Guerre. Cette exposition a également été présentée à Grudziadz (Pologne) en 2015. Elle a reçu un prix européen à Düsseldorf en 2016, remis au maire de Gütersloh pour le travail réalisé avec des élèves.
Les deux villes de Gütersloh (Allemagne, Westphalie) et de Châteauroux (France, Indre) sont jumelées depuis 1977. La réalisation de ce lien entre deux cités appartenant à des nations qui se sont affrontées 32 ans auparavant, au cours de la Seconde Guerre mondiale, n’était pas une évidence. Malgré tout, après une période de guerres multiples, se sont finalement instaurées une entente et une réconciliation qui ont valeur d’exemple aux yeux du monde.
Le concept de l’exposition, a été élaboré conjointement par des historiens et archivistes, les musées locaux et les comités de jumelages des deux villes. C’est précisément la perspective locale, avec des sources d’images et de textes inédites des deux villes, qui permet une vision très directe de la vie quotidienne des populations dans cette guerre, d’une machine de propagande manifestement fondée sur les mêmes mécanismes, de la souffrance et des morts que les peuples en France et en Allemagne ont rapidement dû affronter.
Maria Unger, maire de Gütersloh, se souvenait que le partenariat avec Châteauroux avait été conclu dans un esprit de réconciliation entre d’anciens prisonniers de guerre. Pour la génération actuelle dans les deux pays, l’image de l’ennemi qui s’est construite il y a 100 et 70 ans est inimaginable. « Cependant, un regard historique nous montre que l’échange continu, le contact et l’entretien de relations d’amitiés sont absolument nécessaires pour prévenir les conflits militaires. »
La Rochelle.
Pose de la première pierre de l'université de La Rochelle lors du 59ème sommet franco-allemand, en présence de François Mitterand, président de la République française et Helmut Kohl, chancelier allemand.
22 mai 1992 – 28 Fi 1799
En 1992, La Rochelle est choisie pour accueillir le sommet franco-allemand. Etablis depuis 1963, ces sommets jouent un rôle crucial dans le développement des relations entre la France et l’Allemagne : ils visent à promouvoir des initiatives conjointes et à établir des positions concertées sur des enjeux européens.
A cette époque, Michel Crépeau, maire de La Rochelle, porte depuis quelques années le projet d’implantation d’une université de plein exercice dans la Ville. Mais les freins sont nombreux et le projet avance peu. En 1991, il obtient une déclaration d’intention du Comité interministériel d’aménagement du territoire mais sans validation définitive.
En 1992, il se saisit de l’opportunité du sommet franco-allemand et use de son influence pour proposer à François Mitterrand, dont il a été ministre, de poser la première pierre de l’Université de La Rochelle. Son idée étant qu’il ne sera ensuite plus possible de revenir en arrière
Et cela a fonctionné. Le 22 mai 1992, le président français et le chancelier allemand posent ensemble les fondations de la future université de La Rochelle, dotée d’une compétence européenne. Le décret officialisant la création d’une université de plein exercice est signé quelques mois plus tard, le 20 janvier 1993.
Nevers - Coblence.
Témoignages d'un jumelage.
En 2013 – 62Fi
Au fil du temps, certains objets du quotidien deviennent bien plus que de simples témoins matériels : ils incarnent une mémoire, une identité et des liens humains. Les deux pièces présentées ici sont une assiette commémorative et un gobelet gravé. Ils s’inscrivent pleinement dans cette dimension symbolique. Ils racontent, chacun à leur manière, l’histoire du jumelage entre la ville de Nevers et celle de Coblence, une relation fondée en 1963 sur la fraternité et la réconciliation européenne.
L’assiette, réalisée pour le cinquantième anniversaire du partenariat en 2013, est sans doute la pièce la plus explicite. Ses inscriptions multilingues, français et allemand, traduisent à elles seules l’esprit du jumelage à savoir une volonté d’échange, de dialogue et de compréhension mutuelle. Les blasons qui y figurent, représentant les deux villes, se font face comme pour souligner leur égalité et leur rapprochement au fil des décennies. Cette pièce célèbre représente non seulement une date, mais aussi et surtout un engagement durable entre deux communautés.
Enfin, le gobelet gravé complète cet ensemble en incarnant une convivialité très concrète. Objet de partage par excellence, il symbolise les rencontres, les échanges culturels, les visites et les moments de fraternité vécus entre habitants de Nevers et de Coblence. Son décor, minutieux et élégant, témoigne du respect accordé à cette relation, jusque dans les objets les plus usuels.
Leur conservation et leur mise en valeur participent à la transmission de cette histoire aux générations futures, rappelant que derrière chaque objet se cache une histoire vivante, faite de rencontres et de volonté partagée.
Synthèse
Les jumelages franco-allemands sont particulièrement nombreux, si une partie d’entre eux sont engagés dès 1950, ils se multiplient après le traité de l’Elysée en 1963 qui porte sur la coopération entre les deux pays.
Nous retrouvons dans les archives des différentes Villes cette volonté de réconciliation, sous des formats diversifiés et qui perdurent dans le temps. L’exemple de Nevers révèle qu’au-delà des échanges de pratiques culturelles, les jumelages sont également l’occasion d’échanges de cadeaux ; dont les Archives sont in-fine dépositaires. Au-delà de la conservation de la mémoire les Archives sont parfois actrices de ces jumelages. C’est ce que démontre le document proposé par Châteauroux mettant en abîmes le rôle que la valorisation des fonds patrimoniaux peut avoir dans cet objectif de concorde européenne. Les relations Présidentielles avec l’Allemagne permettent également parfois de débloquer des projets locaux, comme cela a été le cas à La Rochelle. Cette photographie conservée dans le fonds municipal met en évidence le travail nécessaire de contextualisation des archivistes pour que les documents soient bien compréhensibles.
Ainsi quelles que soient les Villes les Archives sont témoins et parfois actrices des relations internationales.