Au cours des années 1960, la pratique de la natation connaît en France une croissance fulgurante. La multiplication des piscines à travers le territoire suit une logique sportive, mais aussi de prévention : en proposant un lieu surveillé et un apprentissage de la natation et de ses risques, les piscines permettent d’éviter les tragédies causées par une baignade sauvage. Pour répondre à cette approche pragmatique, les piscines sont construites de façon très simple : un bassin unique, de 25 ou 50 mètres, installé en extérieur pour limiter les coûts, ce qui réduit son usage à la période estivale.
Entre les nageurs émérites et les écoliers qui découvrent la nage, les besoins sont différents. Les lieux qui le peuvent se dotent alors de nouveaux équipements : fosse de plongée, multiplication des bassins, pataugeoire pour les jeunes nageurs, etc. Cette croissance donne aux piscines, devenant centres nautiques, une nouvelle présence dans l’espace urbain, attirant ainsi un public plus large et moins sportif, en quête de divertissement. Au cours des années 1980, les centres nautiques commencent à se munir d’équipements au-delà des besoins sportifs : toboggan, bassin à vagues, couloir à courant artificiel, etc. La piscine évolue petit à petit vers le lieu de loisir qu’on connaît aujourd’hui.
Les centres nautiques de plein air reflètent cette évolution. D’une baignade sauvage, on passe à des loisirs nautiques diversifiés dans une zone aménagée et contrôlée. Promenade, aire de jeux, bateaux, plage artificielle : ce qui était autrefois un simple plan d’eau devient un véritable centre de loisir.
Les trois documents proposés ci-dessous illustrent bien ces changements. En 1959, la piscine des Bourgines d’Angoulême est saluée par les nageurs qui jusque-là se baignaient dans la rivière. En 1969, à Bourges, le centre nautique des Pré-Fichaux compte de multiples bassins pour satisfaire tous les nageurs et encourager une pratique de la natation par tous. À St-Amand Montrond, le plan d’eau inauguré en 2005 est un lieu de sport, de loisir, et de préservation de l’environnement.
Ces trois villes ont développé leurs installations nautiques pour répondre aux besoins spécifiques de l’époque et de leur territoire. Ceux-ci s’inscrivent dans l’air du temps, et leur progression retrace celle de pratiques culturelles marquées par une histoire commune.