Mai 2026 – Louise Tournillon, Responsable des relations internationales
À Novi Sad, j’ai perçu dès mon arrivée les répercussions positives d’une Capitale européenne de la Culture lorsqu’elle parvient à rendre durable le provisoire.
Au-delà de l’accueil chaleureux, la station culturelle Svilara, ancien espace réhabilité du quartier Almaš, est le premier témoin concret de cette entreprise. La ville, marquée par un passé industriel, a su se saisir de cet espace en friche pour mettre en place un lieu ouvert où habitants et artistes se côtoient. À Novi Sad, la culture est faite de circulations, d’échanges ; les uns s’émerveillent devant les œuvres exposées, quand d’autres partagent des discussions animées autour d’une table du restaurant.
Le lendemain de mon arrivée, au District — ancien complexe industriel devenu pôle créatif — les échanges avec le directeur de la fondation Novi Sad, Nemanja Milenković, ont confirmé mon sentiment. Une Capitale européenne de la Culture ne se réduit pas à une programmation d’événements sur une courte durée, elle doit créer des conditions pour que les acteurs locaux puissent continuer à produire, expérimenter et faire vivre le territoire sur le long terme.
Une balade en catamaran sur le Danube fut l’occasion de voir comment une Capitale européenne de la Culture peut capitaliser sur la beauté de ses paysages. Face à ces images de cartes postales qui façonnent les récits, les imaginaires autour d’un lieu, je ne peux m’empêcher de penser aux vallées du Berry.
Le lendemain, la visite de la forteresse de Petrovaradin et de l’exposition “Mileva – We Are One Rock” retraçait la vie de la femme d’Albert Einstein. Des installations immersives et des dispositifs lumineux et sonores innovants proposaient une expérience artistique et sensorielle autour de la mémoire d’une figure féminine oubliée.
À Novi Sad, la mémoire matérielle et immatérielle de la Capitale européenne de la Culture est partout : au détour d’une rue, dans le circuit culturel offert aux habitants, dans l’architecture. Après de nombreuses discussions avec les autres Capitales européennes de la Culture revenait souvent une même question : comment faire en sorte qu’une CEC laisse autre chose qu’un simple souvenir ? À Novi Sad, la réponse réside dans le dialogue permanent entre mémoire, identité locale et ouverture européenne.