Bons baisers de Sibiu

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Voyage à Sibiu


Juin 2026 – Faustine Damman – Responsable de la participation et de l’engagement citoyen à Bourges 2028

“Le bénévolat se résume à aider, à placer des chaises !” Voilà une idée reçue qui ne me fait faire qu’un tour. 

Ces derniers jours, j’ai été invitée au Sibiu International Performing Arts Market (SIPAM), un programme de rencontres professionnelles organisé en parallèle du Festival international de théâtre de Sibiu (FITS), l’un des plus grands festivals d’arts vivants d’Europe. Pendant quelques jours, j’y ai retrouvé des collègues venus d’autres Capitales européennes de la Culture, mais aussi des professionnels du spectacle vivant du monde entier, pour réfléchir ensemble à ce que la culture peut encore inventer dans un monde en pleine mutation.

J’y intervenais lors d’une table ronde consacrée au bénévolat comme outil d’éducation non formelle. Un sujet qui nous est particulièrement cher à Bourges 2028.

Mais ce qui m’a le plus marquée n’était pas dans les salles de conférence.

C’était partout ailleurs.

À Sibiu, le festival ne pourrait tout simplement pas exister sans ses bénévoles.

Plus de 500 bénévoles locaux et 30 bénévoles internationaux participent chaque année à son organisation. Les bénévoles internationaux, venus des quatre coins du monde, passent près de trois semaines ensemble : une dizaine de jours de formation, puis dix jours au cœur du festival. Ils accueillent le public, accompagnent les artistes, orientent les spectateurs, traduisent parfois, résolvent souvent les petits imprévus… mais surtout, ils vivent une aventure humaine hors du commun.

Dans leur cantine, où j’ai partagé un déjeuner avec eux, on entendait parler japonais, espagnol, roumain, français ou encore anglais autour d’une même table. Quelques heures plus tard, ces mêmes bénévoles accueillaient les spectateurs avec le même sourire, quelle que soit leur langue.

Ce qui m’a frappée, c’est aussi leur jeunesse. Beaucoup de bénévoles locaux sont encore lycéens. À 17 ans, les deux Daria qui nous ont fait visiter Sibiu, connaissaient déjà parfaitement le festival et parlaient de leur engagement avec une fierté communicative. Elles étaient les meilleures ambassadrices de leur ville.

Les spectacles resteront eux aussi longtemps dans ma mémoire. Un récit bouleversant du comédien palestinien Ahmed Tobasi, un concert de musique traditionnelle japonaise dans une église, un spectacle de flamenco espagnol, du théâtre irlandais joué dans une ancienne usine réhabilitée, ou encore des spectacles de rue venus de Finlande et de Chine… Pendant quelques jours, Sibiu est devenue un véritable carrefour du monde.

Au fil des discussions avec les équipes du festival, avec Annette, mon homologue de Oulu 2026 ou encore avec les bénévoles internationaux, une conviction s’est renforcée : les Capitales européennes de la Culture et les grands festivals ne se construisent pas uniquement grâce à leurs artistes ou à leurs programmations.

Ils existent avant tout grâce aux habitants qui choisissent de donner de leur temps.

En repartant de Sibiu, je n’ai pas seulement rapporté des idées pour le programme de participation de Bourges 2028. J’ai surtout rapporté une immense envie : continuer à faire de notre collectif de bénévoles un espace où l’on ne vient pas seulement donner un coup de main, mais où l’on rencontre des personnes, où l’on apprend, où l’on grandit, et où l’on construit, ensemble, une aventure européenne.

 © Faustine Damman – Bourges 2028