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Trip to Oulu

January 2026 – Justine Weulersse, Production Director

La présentation des programmes est toujours un moment important début septembre lors de la réunion annuelle des Capitales européennes de la Culture.

Cette année, cette présentation a eu lieu à Liepāja, en Lettonie, à la frontière lituanienne, sur la mer Baltique. C’est là que la présentation d’Evora 2027, au Portugal, a également été proposée.

Liepāja, c’est d’abord le contraste d’une ville balnéaire, avec les plus grandes plages de sable fin d’Europe sur la Baltique, très polluée malheureusement. C’est aussi une architecture typique des villes hanséatiques, que l’on retrouve à Riga, avec de superbes maisons à haut plafond en pierre ou en bois, construites autour de grands boulevards et allées. Et puis, à quelques kilomètres de la ville, une des grandes bases militaires créées par le Tsar Nicolas 2 et délaissées par la Russie en 1994, 3 ans après l’indépendance lettonne, laissant 40 pour cent de Russes sur le territoire. Une situation de type Donbass, à quelques heures de char de la frontière russe. Un contexte et des enjeux où Europe et culture prennent tout leur sens.

Deux présentations à une centaine de professionnels des Capitales des 20 dernières années et des années à venir, qui ont pris des formes très différentes.

Pour Liepāja 2027, un concept (un)rest, notre éveil nécessaire autour des challenges du monde. 5 axes proposés par la directrice artistique Baiba Bartkeviča – par ailleurs chanteuse d’opéra – développent une programmation fortement influencée et enrichie par les outils dramatiques (une antenne du théâtre national de Riga) et symphoniques/opéra (Amber Hall, une des salles de concert symphonique les plus réputées d’Europe du Nord et de la Baltique) présents dans la ville. Le programme a été présenté de manière originale par une compagnie chorégraphique, illustrant en performance ces différents axes.

Pour Evora 2027, une présentation avec deux musiciens live (guitare et batterie) et 2 écrans vidéos. Une projection vidéo au plafond et deux projections en bifrontal présentant tout d’abord les très beaux paysages de l’Alentejo, la région autour d’Evora, et le concept Vagar de la programmation. Vagar, c’est flâner, prendre le temps, se couper du monde, redécouvrir la nature et les paysages. Réalisé dans un temps très court, le directeur artistique John Romao a été nommé … il y a 18 mois. Le programme présente quelques têtes d’affiche (Roméo Castellucci, Björk, Marina Abramović, Rimini Protokoll), déjà très repérées, qui sont annoncées dans des projets « participatifs », mais aussi beaucoup de projets issus de leurs appels à projet réalisés dans un temps très court, souvent dans les paysages et la nature de l’Alentejo et portés par des acteurs locaux.

Mais à Liepāja, au-delà des programmes de 2027, c’est aussi une autre question qui s’est imposée à moi : que reste-t-il d’une Capitale européenne de la Culture lorsque l’année est passée ? C’est précisément le sujet de la table ronde à laquelle j’ai participé, « The Next 20 Years – Building a Lasting ECoC Legacy ». Avec des représentants de Tartu 2024, Culture Next, Nikšic 2030 et Riga 2014, nous avons parlé de cet après, de ce que les Capitales peuvent laisser derrière elles, des transformations qui s’inscrivent dans le temps et de la manière dont une année de titre peut devenir le point de départ plutôt que l’aboutissement d’une dynamique.

Cette discussion, je la retrouverai dès la semaine prochaine à Bourges, à l’occasion du séminaire de la Matrice, les 24 et 25 septembre. Après avoir beaucoup parlé de 2028, il est peut-être temps aussi de lever les yeux un peu plus loin. Que voulons-nous faire de cette expérience une fois 2028 passée ? Et, au-delà de Bourges, que peut devenir le label de Capitale européenne de la Culture dans les années qui viennent ? Ces questions, qui semblaient peut-être lointaines, prennent une autre dimension lorsqu’on se retrouve à Liepāja, à quelques mois de son année-titre, puis face à des villes qui l’ont déjà vécu. C’est aussi cela, je crois, l’intérêt de ces rencontres : regarder une ville se préparer à son année, tout en commençant déjà à réfléchir à ce qui vient après.

 

 

© Kevin Kallombo & Bourges 2028’s team