Janvier 2026

Les Archives de la Matrice

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Avignon_82fi47
Photographie : tirage positif noir et blanc. Collection Jean Mazet

Avignon.
Crues du Rhône à Avignon. Les batardeaux à la Porte Saint-Dominique. 

En 1993 – 82Fi47

Ville de fleuve située à la confluence de la Durance, les crues et les inondations font partie de la vie et de l’histoire d’Avignon, avec à minima une montée des eaux annuelle marquée (fonte des neiges, précipitations automnales). La toponymie en témoigne (quartier des Sources, rue de l’Arrousaire, quartier Baigne-Pieds…), ainsi que les nombreuses plaques en fonte qui rappellent aux passants le niveau atteint par les eaux dans la cité lors des crues les plus destructrices. Les peintres ont immortalisé des scènes édifiantes et les photographes, dès Edouard Baldus en 1856, ont réalisé des images des événements qui permettent souvent, au-delà de l’épisode dramatique climatique, de documenter les évolutions du paysage urbain.

La conservation complète des remparts à Avignon doit beaucoup à leur rôle dans la lutte contre les inondations. La photographie présentée ici a été réalisée en 1993 par Jean Mazet, arpenteur, collectionneur et amoureux d’histoire et de photographie. Elle atteste du rôle historique des remparts pour lutter contre les eaux et permet de documenter les dispositifs, appelés batardeaux, installés « depuis toujours » aux portes de la ville pour protéger le bâti de l’intra-muros. Il s’agit d’un assemblage de planches, de barrières métalliques et de sacs de sable. Les batardeaux sont encore utilisés de nos jours.

Depuis la seconde moitié du XXème siècle, les modifications importantes des réseaux hydrographiques liés indirectement au Rhône, leur régulation, les barrages, rendent Avignon très dépendante des choix opérés en amont en cas de précipitations exceptionnelles.

Aure Lecrès
Archives d’Avignon

Blois_5fi576
Carte postale conservée au Service mutualisé des Archives de la Ville de Blois, d’Agglopolys et du CIAS du Blaisois

Blois.
Inondation de la Loire.

Le 21 octobre 1907 – FRAC41018_5Fi_0756

À Blois comme dans toutes les villes bâties le long des cours d’eau, la nature a rappelé sa puissance. Au XIXè siècle, la commune subit près de vingt crues, dont les plus fortes en 1846, 1856 et 1866. Déjà auparavant, le fleuve royal débordait régulièrement, notamment dans le quartier Vienne.

La carte postale présentée montre la Loire en crue le 21 octobre 1907, preuve qu’au début du XXè siècle, l’homme maîtrise encore mal les aléas climatiques. La scène frappe par le contraste entre les habitants au premier plan et la masse d’eau mouvante, qui atteindra jusqu’à 5,65 mètres. Au second plan, on voit une pompe à vapeur évacuant l’eau des basses rues, alors que des curieux observent la montée du fleuve. En arrière plan, le pont Jacques Gabriel, résiste à la pression de la Loire.

Ce document est conservé au service mutualisé des Archives de la Ville de Blois, d’Agglopolys et du CIAS du Blaisois. Coté en 5Fi, il provient du legs effectué en 2014 par Mademoiselle Ginette CHANTEPIE. Ce don, intégré en série 19 Z, comprend aussi des coupures de presse sur l’histoire de Blois (1960-2014) et une série de diapositives représentant divers lieux de la ville (1965-1982).

Les archives privées sont une ressource précieuse : elles complètent et éclairent les fonds publics, offrant une vision plus fine de l’histoire locale.

LaRochelle_5fi1824
Carte postale : carte postale est issue du fonds Camille Robreau. Acquis par les Archives municipales de La Rochelle en 1988

La Rochelle. 

Bateau de pêche jeté à la plage par la tempête.

Vers 1911-1912 – 5 Fi 1824

Au lendemain d’une tempête, la population découvre ce bateau de pêche venu s’échouer le long de l’éperon de bois de la Croix, petite jetée brise-lame qui protège la plage de la Concurrence récemment ensablée. Dans ces années 1911-1912, le Conseil municipal, de concert avec la Chambre de commerce, réfléchit à un vaste programme d’améliorations et d’agrandissement du port de La Rochelle-Ville. Outre une dimension purement commerciale, ce programme aborde des problématiques de sécurité et de protection. Il est par exemple envisagé de construire un nouveau havre d’échouage permettant à l’ensemble de la flotte de trouver refuge en cas de tempête. Le havre existant, situé dans le vieux port, étant alors insuffisant ainsi qu’en témoigne ce document.

Cette carte postale est issue du fonds Camille Robreau, du nom du collectionneur qui l’a constitué. Acquis par les Archives municipales de La Rochelle en 1988, ce fonds rassemble 4653 cartes postales datant de 1880 jusqu’aux années 1970. Outre son intérêt pour l’histoire événementielle, tel que cet épisode climatique, cette collection est une source d’informations précieuses sur l’histoire de la Ville de façon générale, son développement urbain et architectural ou encore ses activités économiques. 

Synthèse

Les inondations représentent une menace sérieuse pour les villes, leurs habitants et leurs infrastructures. Au cours de l’histoire, les territoires inondables ont donc dû mettre en place divers systèmes destinés à limiter les dégâts causés par les crues. Leur mise en place est, bien souvent, une question d’urbanisme.

Pour contrôler efficacement une menace d’une telle ampleur, les installations doivent être réfléchies et installées à l’avance. C’est le cas par exemple des batardeaux à Avignon, qui profitent des anciens murs de la ville pour bloquer la progression des eaux de crue. Au cours des XIXe – XXe siècles, avec la croissance de l’implication des collectivités dans la gestion des catastrophes naturelles, Les problématiques de sécurité prennent plus d’importance. On le voit avec l’exemple de La Rochelle, visant à l’extension du havre d’échouage pour la protection des navires. Avec la révolution industrielle, la gestion des crues prend aussi une nouvelle forme, celle de la technologie. Les machines à vapeur, comme dans l’exemple de Blois, peuvent être déplacées jusqu’au site du sinistre, pour répondre plus efficacement aux aléas de la nature.

Grâce à ces archives, nous pouvons voir les moyens mis en place au cours de l’histoire pour faire face aux crues. En offrant un aperçu d’une autre époque, elles révèlent l’évolution de ces techniques, et aident à comprendre quels facteurs extérieurs ont influencé cette évolution. Elles retracent ainsi un peu de notre histoire collective.