Photographie Direction des Musées et du Patrimoine Historique 2025
Bourges.
Photographie d'un échange entre Bourges et Forli autour d'un projet culturel.
En mars 2025
Les archives peuvent prendre plusieurs formes et être relativement récentes ; preuve en est cette photographie numérique prise par la Direction des Musées et du Patrimoine Historique de la Ville de Bourges à l’occasion d’une action partenariale, dans le cadre du jumelage avec Forli en Italie.
Des collégiens de cette ville sont venus à Bourges rencontrer des élèves du Grand Meaulnes. Ces derniers avaient travaillé avec le service de l’Archéologie préventive pour l’élaboration de la vitrine de « L’objet du moment ». Celle-ci présente des objets découverts en 1849 dans une tombe du Ve siècle avant notre ère. Œnochoé et situle étrusques sont la preuve des échanges commerciaux et culturels entre Bourges et l’Italie de longue date. Avec l’appui des archéologues, les collégiens berruyers ont rédigé le texte de présentation de la vitrine à destination du grand public et ceux de Forli ont traduit celui-ci en italien. Des exposés croisés sur ces échanges ont également été réalisés.
La photographie prise à l’occasion du montage de la vitrine est une des archives qui conservera la trace de cette action, faisant clairement entrer au patrimoine les coopérations franco-italiennes menées par les acteurs éducatifs et culturels de Bourges. Vous pouvez également retrouver le contenu rédigé sur le site Internet de Bourges Plus, dont la conservation est une autre histoire.
Photographie The Shields Gazette, issue dossier de jumelage avec la ville de South Shields (1954-1974), conservée sous la cote 29 Fi 1, Archives Olga de Saint-Affrique La Rochelle.
La Rochelle. « La bienvenue des Parcs », message d'accueil à l'attention de la délégation de la ville de La Rochelle conduite par le maire René-Bernard de Saint-Affrique en visite à South Shields, Grande Bretagne.
En juin 1056 – 29Fi1
A l’initiative du consul de France à Newcastle, et afin de développer les liens qui unissent la France et la Grande-Bretagne, un jumelage entre les villes de La Rochelle et de South Shields est entériné en 1954. Les jumelages ont alors pour but de « créer un courant d’échanges de toutes natures entre les villes intéressées et de développer entre elles des liens d’intérêt et d’amitié de plus en plus étroits ».
South Shields est un port industriel du nord-est de l’Angleterre d’environ 100 000 habitants situé à l’embouchure de la rivière Tyne, à côté du grand port de Newcastle.
Très vite, les enseignants des écoles françaises et anglaises se saisissent de ce partenariat et manifestent leur intérêt pour nouer des échanges. Les échanges sont d’abord épistolaires, de façon collective entre écoles ou individuelles entre jeunes collégiens. Les étudiants plus âgés sollicitent quant à eux des recommandations pour des séjours « au pair ».
Les premiers voyages scolaires ne voient le jour qu’à partir de l’été 1968. Après deux années de préparation, un stage de perfectionnement aux langues française et anglaise de 29 jours, est enfin organisé entre les deux villes. Ce programme d’échange offre à 15 élèves anglais et 15 lycéens rochelais l’opportunité non seulement d’améliorer leurs compétences linguistiques, mais aussi de découvrir une nouvelle culture, d’élargir leurs horizons et de s’enrichir de cette diversité.
Photographie non cotée
Vierzon / Rendsburg.
Festivités musicales du jumelage Châteauroux-Gütersloh.
En 1977 – Non coté
C’est par hasard que se rencontrent Maurice Caron, résistant, déporté, maire de Vierzon et Heinrich de Haan, maire de Rendsburg de 1929 à 1934, puis de nouveau à partir de 1950.
La rencontre a lieu le 11 septembre 1954, et les deux hommes participent à une réunion du comité franco-allemand de l’Union des maires, à Strasbourg.
L’idée est lancée d’un jumelage entre les deux communes du Cher et du Shleswig-Holstein (région de Hambourg).
La ratification officielle se fera à Rendsburg même, le 11 octobre 1955, traité signé des deux maires. Vierzon et Rendsburg font alors office de précurseurs : à cette date il n’y a encore que 10 jumelages entre des villes franco-allemandes.
Et à partir de 1974, un nouveau partenariat apparaît, le jumelage scolaire.
Il y a rapprochement entre le lycée Edouard Vaillant de Vierzon et le lycée Helena Lange ainsi que la Herderschule de Rendsburg.
Les professeurs allemands Elke Heyen, Ulririke Börhrnsen et Thies Jessen et leurs homologues français Gisèle Moulinier et Hugues Dallois ont permis, en une trentaine d’années, à quelques 1000 lycéens de franchir la frontière lors d’échanges réciproques entre correspondants.
Synthèse
Les établissements scolaires sont souvent des acteurs majeurs des échanges culturels promus par les jumelages. Le rapprochement entre les peuples reste un aspect important de la dynamique de jumelage européenne de la deuxième moitié du XXe siècle, et les échanges éducatifs, qu’il s’agisse d’un séjour à l’étranger, d’une correspondance ou de l’apprentissage d’une langue, sont une façon très efficace de renforcer ces liens de façon pérenne.
Chaque ville a sa propre façon d’organiser les échanges, mais l’objectif de fond est le même : permettre aux élèves d’élargir leurs horizons, de découvrir d’autres cultures et de créer des liens hors de leur ville d’origine. Ce système, né dans les années 1950, continue de se développer aujourd’hui encore, preuve de son succès.
Les archives de ces échanges et voyages scolaires permettent de comprendre l’évolution de ces pratiques au fil du temps, mais elles rappellent aussi l’impact qu’ils ont pu avoir sur les élèves et la richesse que cette histoire commune entre deux villes a pu leur apporter.