Février 2026

Les Archives de la Matrice

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Photographie : Jean-François Doré. Cérémonie du jumelage au château de Blois, le 30 juin 1963. © Service mutualisé des Archives. Cote 2 Fi_0303.

Blois.
Cérémonie de jumelage au château de Blois.

Le 30 juin 1963 – 2 Fi_0303

Cette photographie en noir et blanc conservée aux Archives de la Ville de Blois (série 2Fi), fut prise en juin 1963 par Jean-François Doré, lors de la signature du protocole de jumelage entre Blois, Lewes et Waldshut-Tiengen. On y voit les représentants des trois villes, dont Marcel Bülher à droite avec l’écharpe tricolore, alors Maire de Blois.

Ce jumelage officialise des liens d’amitié déjà nourris par les échanges scolaires. Le Comité de Jumelage, réunissant associations, enseignants et journalistes, vise à promouvoir les échanges culturels et la paix en Europe. Il organise chaque année activités, rencontres sportives et musicales, voyages et échanges d’étudiants.

La scène se déroule dans la salle des États du château de Blois, lieu symbolique du pouvoir où se tinrent les États généraux de 1576 et 1588. Après la cérémonie, un repas eut lieu dans l’aile Gaston d’Orléans, suivi de l’inauguration des rues de Lewes et de Waldshut. 

Les Archives conservent photographies, chartes, protocoles et documents retraçant l’évolution du jumelage. Blois est aussi liée à Azrou, Weimar, Urbino, Cáceres et Sighisoara. Un article municipal de 1972 rappelait qu’en 1971, environ 500 habitants de Blois et Waldshut avaient parcouru les 650 km qui les séparent, renforçant ainsi leurs amitiés. 

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Photographie noir et blanc, auteur inconnu.

La Rochelle.
Signature du protocole de jumelage entre La Rochelle et Lübeck.

Le 21 mai 1988 – 40 Fi 1016

En mai 1988, lors de la Quinzaine rochelaise des pays de langue allemande, les villes de Lübeck (Allemagne) et de La Rochelle officialisent leur jumelage. Cet accord scelle le renouveau des échanges entre les deux cités, relancés depuis la fin des années 1970, mais dont les liens remontent à une histoire bien plus ancienne. 

Dès le Moyen Âge, La Rochelle entretient des relations étroites avec les ports de la mer Baltique, en particulier ceux de la Hanse, cette puissante ligue marchande qui a marqué l’économie et la politique de l’Europe du Nord pendant plus de quatre siècles. Entre le XIIIe et le XVIIe siècle, La Rochelle se distingue comme le seul comptoir français intégré au réseau commercial maritime de la Hanse.

Au-delà de cet héritage historique et économique, le pacte de jumelage scellé entre La Rochelle et Lübeck répond à une volonté commune de renforcer les liens d’amitié entre les citoyens des deux villes et contribuer « à l’entente des peuples et au maintien de la paix en Europe ». Ce partenariat vise à approfondir et multiplier les échanges dans des domaines variés, tels que l’économie, la culture, l’éducation, l’apprentissage des langues, les sciences, la jeunesse, le sport, le tourisme ou encore la préservation du patrimoine.

Sur cette photographie, Michel Crépeau, maire de La Rochelle, et M. Bouteiller, bourgmestre de Lübeck, échangent une poignée de main après avoir signé la convention de jumelage, en présence de madame Sommer, présidente de la Ville de Lübeck.

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Carte postale des 25 ans de jumelage (2009) représentant la charte signée entre Nottuln et Saint-Amand-Montrond en 1984, archives du Cabinet du Maire.

Saint-Amand-Montrond. 

Charte de jumelage avec Nottuln.

En 1984 

Cette archive est une carte postale éditée en 2009 par le comité de jumelage Saint-Amand (Centre de la France) / Nottuln (Rhénanie) à l’occasion de son 25ème anniversaire. La carte postale est de petit format, 10 x 15 cm. Elle représente à l’identique, en format réduit, la charte de jumelage (die Partnerschaftsurkunde) originale, et sur laquelle figure le texte bilingue, les écussons des villes jumelées ainsi que les sceaux apposés à côté des signatures.

La charte a été signée en 1984 à Saint-Amand-Montrond, puis à Nottuln, par les maires Hubert Kellermann (Nottuln) et Serge Vinçon (Saint-Amand-Montrond). Le choix des mots employés met l’accent sur l’engagement (die Verpflichtung) réciproque basé sur de nouveaux principes d’échange (das Austausch), d’amitié (die Freundschaft) et de paix en faveur de l’unité européenne (die europäische Einheit).

Le maire de Saint-Amand-Montrond a souligné, dans son discours de cérémonie de jumelage, l’initiative des Nottulnois, en adressant d’abord une lettre en février 1983 et en envoyant ensuite une délégation allemande. Serge Vinçon termine son discours, le 16 mars 1984, par ces mots (extrait, page 4/4) :

« Aidons la jeunesse de nos deux villes, de nos deux pays, aidons la jeunesse de l’Europe […].

-Enrichissons-nous mutuellement de nos différences ;
-Construisons ensemble l’avenir ;
-Bâtissons ensemble la cathédrale de l’enthousiasme et de l’amitié et de la paix,

Vive l’Allemagne,
Vive la France,

Es lebe die Liebe zwischen Deutschland und Frankreich (Vive l’amour entre l’Allemagne et la France).

Synthèse

Les jumelages, tels qu’on les connaît aujourd’hui, se développent au cours des années 1950.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il est nécessaire de recréer entre les peuples des relations pacifiques.

L’idée d’une union des communes, notamment portée par le Conseil des communes et régions d’Europe en 1951, représente l’idée d’une Europe unie et en paix.

Un jumelage peut prendre plusieurs formes : manifestations culturelles ou festives, compétition sportive amicale, échange scolaire… Mais dans tous le cas, le jumelage étant un acte politique, une cérémonie officielle a lieu où les maires signent une charte de jumelage représentant l’union des deux villes.

Le choix des jumelages peut se fonder sur différent critères. Quand certaines villes se jumellent dans une déclaration affirmé de fraternité d’après-guerre (Saint-Amand-Montrond et Nottuln), d’autres officialisent une relation déjà établie (les échanges scolaires entre Blois, Lewes et Waldshut). Cette relation peut même parfois précéder le jumelage de plusieurs siècles (La Rochelle et Lübeck).

Aujourd’hui, de nombreuses villes sont jumelées. Derrière ces jumelages se trouve une histoire riche, que les archives permettent de mieux comprendre. Ces histoires partagées révèlent une volonté commune d’échange et de coopération internationale.