Fils de paysan, natif d’un village proche de Blois, Auguste Poulain (1825-1910) âgé de 13 ans monte à Paris et apprend le métier de chocolatier.
De retour en 1848, fort de son expérience, il ouvre sa boutique dans le centre de Blois.
Remportant un vif succès, il fait construire en 1860 l’usine de la Villette sur les hauteurs de la ville où il installe des ateliers de dressage, pliage et expédition ainsi que des machines pour la torréfaction et le broyage.
Acteur de la révolution industrielle, il mécanise la production pour baisser les coûts et transforme le chocolat, alors médicament pour privilégiés, en produit gourmand accessible à tous.
Précurseur, il mise sur la qualité, la diversification et déploie un marketing novateur : publicité comparative (« Goûtez et comparez ») et célèbres images glissées dans les tablettes qui font la joie des enfants.
Jusque dans les années 1990, les usines Poulain (aujourd’hui rachetées et délocalisées) accompagnaient le quotidien des habitants : jusqu’à 1 300 employés, sonneries de début et fin de journée, visites scolaires ou effluves chocolatées qui se répandaient sur la ville par vent d’ouest marquent la mémoire nostalgique de nombreux Blésois.
Aujourd’hui le site a laissé place à un quartier universitaire où, dorénavant, étudiants et passants peuvent circuler dans la Rue de la Chocolaterie ou traverser la Place Auguste Poulain.
Quant aux bâtiments d’origine, ils sont désormais classés aux Monuments historiques.
La présence des usines Poulain au premier plan d’une carte postale de Blois atteste de son implantation majeure dans la vie économique et témoigne également de son impact dans l’histoire des habitants en demeurant un symbole indélébile de l’identité blésoise.